lundi 4 août 2008

Google, agence de traduction?

Voilà que Google se lancerait dans le lucratif marché de la traduction humaine.

D’après Google Blogoscoped, le géant s’apprêterait à faire son entrée comme intermédiaire entre demandeurs et traducteurs, mais également comme fournisseur d’outil, avec une interface de travail par segment. L’article montre des saisies d’écran, ce qui est utile, puisque les liens fournis ne mènent nulle part. Le projet n’étant encore qu’à l’étape des essais, Google a vite fait de le glisser sous le tapis une fois découvert. À suivre.

Mais voilà que les commentaires fusent déjà.

Dixit l’article de Blogoscoped cité plus haut : « In that regards, the service is in the field of sites like Click2Translate.com (a service by the company which Tony works for, incidentally, and which I’m often using for some of my sites). » Je crois avoir vu certains de ces sites...

On en parle également ici et ici. Beaucoup de questions sans réponses.

L’auteur du blogue Another Word réagit déjà à la nouvelle :
D’un point de vue professionnel, il est légitime de se demander quels seront les avantages et les inconvénients pour les traducteurs et agences de traduction. Comment seront appliqués les tarifs, la qualité et les délais ? Comment seront sélectionnés les traducteurs ? Comment seront exploitées les traductions ?

La question de l’exploitation est particulièrement importante en vertu du fait que l’interface de l’outil en ferait un moyen privilégié d’alimenter Google Translate, l’outil de traduction automatique du géant. Attention aux textes confidentiels!

En ce qui me concerne, l’aspect le plus intéressant de cette nouvelle tient au modèle commercial que Google a choisi de copier, soit celui de SDL Trados. Il est clair que quelqu’un chez Google a fait un peu de recherche et remarqué qu’on pouvait être à la fois agence de traduction et fournisseur d’outils aux traducteurs. Et que l’outil le plus répandu faisait justement partie d’un tel écosystème. Google viserait-elle à détrôner le poids-lourd du marché qu’elle ne ferait pas mieux : elle fournit au traducteur une mémoire de traduction gratuite (qu’elle saura sans doute exploiter au maximum); et elle automatise tout le travail de gestion des projets. Le fait que personne ne se soucie de la qualité est passé sous silence, bien entendu, Google se déchargeant de toute responsabilité pour le produit fini.

Voilà un domaine où le traducteur professionnel, obligé à engager sa responsabilité, détient encore un petit avantage auprès du client averti.

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